Voies nerveuses, synapses, plasticité cérébrale… La neuroscience du développement du cerveau chez le bébé fait l’objet de nombreux reportages et débats et d’un certain battage médiatique depuis quelques années. Mais qu’est-ce que cela signifie au juste pour les parents? En collaboration avec Stuart Shanker, coauteur de la deuxième étude sur la petite enfance* et professeur de philosophie et de psychologie à l’Université York, John Hoffman débroussaille les nouvelles données scientifiques pour aider les parents à comprendre leur rôle vital dans le développement cérébral de leur enfant.
1. La culture influence la nature.
Nous avons tous entendu parler de l’éternel débat nature-culture. Quels facteurs déterminent le cheminement d’un enfant : les gènes dont il a hérité ou l’influence de sa famille, de l’école et de la communauté? Selon des gens calés en la matière (et des parents sensés), la nature et la culture jouent toutes deux un rôle important.
Des études récemment entreprises dans le nouveau domaine de l’épigenèse démontrent que l’environnement et l’expérience, y compris les soins reçus pendant la petite enfance, peuvent véritablement influencer le fonctionnement des gènes. Cela se vérifie autant chez les animaux que chez les humains. Les mamans rates lèchent souvent leurs rejetons au cours des premières heures après la naissance. Le cerveau des bébés rats qui en sont privés sé-crète une plus grande quantité d’une hormone appelée cortisol, ce qui nuit au fonctionnement de certains gènes. Résultat, ils ont une intelligence inférieure et une capacité d’adaptation au stress moindre à l’âge adulte.
Voici un exemple saisissant chez l’humain. Selon les conclusions de la recherche génétique, les personnes qui ont une version courte d’un gène particulier et sont élevées dans des conditions défavorables sont prédisposées à souffrir de dépression. Or, d’après une étude qui suit actuellement un vaste échantillon de Néo-Zélandais, ce gène demeure en quelque sorte inactif chez les enfants porteurs de la version courte et élevés dans des conditions favorables par des parents aimants. Ces enfants se trouvent donc épargnés par la dépression.
Votre enfant naît avec un certain schéma génétique qui sert de fondement à toutes ses caractéristiques, allant de la couleur des cheveux à la possibilité de développer des habiletés ou problèmes de santé particuliers. Mais ce schéma ne détermine pas à lui seul la voie qu’empruntera votre enfant, car les gènes ont besoin «d’instructions». La génétique peut lui donner le potentiel de mesurer 6 pi 4 po, mais la malnutrition risque d’inhiber sa croissance et l’empêcher d’atteindre ce potentiel. Le même principe s’applique à la capacité de compter ou de se lier à d’autres personnes.
Si vous ne pouvez modifier le schéma génétique de votre rejeton, vous pouvez néanmoins lui offrir des soins et des interactions qui influenceront son évolution. Continuez votre lecture pour en savoir plus.
Tags: cérébral, cerveau, Développement, interactions, sécurité, soins, stimuler

